Vous retournez un savon, et la liste commence par « Sodium olivate ». Le mot sonne chimique, il ne l'est pas plus que le pain. C'est simplement de l'huile d'olive devenue savon. Voici ce que ce nom raconte de la formule que vous tenez, et comment lire les deux ou trois mots qui le suivent.
Qu'est-ce que le sodium olivate ?
C'est le nom INCI de l'huile d'olive saponifiée. La saponification est une réaction vieille comme le savon : on met en présence un corps gras et une base, ici de la soude, et l'on obtient un savon plus de la glycérine. L'huile d'olive de départ n'existe plus en tant que telle dans le produit fini, d'où ce nom différent sur l'étiquette.
La réglementation impose de nommer l'ingrédient tel qu'il est dans le produit fini, pas tel qu'il était avant transformation. C'est toute la raison de ce vocabulaire déroutant : « sodium olivate » ne cache pas l'huile d'olive, il la décrit après réaction.
Une conséquence pratique : comme la liste INCI est décroissante, un sodium olivate en première position signale un savon à dominante olive, réputé pour sa douceur et sa mousse fine plutôt qu'abondante.
Olivate, cocoate, palmate : lire un savon en trois mots
Les savons solides se lisent presque toujours avec les mêmes briques. Le suffixe indique la transformation, la racine indique l'huile de départ.
- Sodium olivate : huile d'olive. Douceur, mousse fine, savon qui glisse plutôt qu'il ne décape.
- Sodium cocoate : huile de coco. C'est elle qui fait la mousse généreuse et la dureté du pain. Seule, elle serait décapante ; associée à l'olive, elle équilibre.
- Sodium palmate : huile de palme. Elle durcit le savon à moindre coût, et c'est l'ingrédient que beaucoup cherchent à éviter, pour des raisons agricoles davantage que cutanées.
Le couple olive et coco est le compromis classique d'un savon de toilette : l'une apporte la douceur, l'autre la mousse. C'est exactement la base de nos deux savons surgras, le RHASSOUL KITCHEN et le COAL OF BEAUTY, dont la liste s'ouvre sur sodium olivate puis sodium cocoate, et ne contient pas de sodium palmate.
Le sodium olivate est-il comédogène ?
La question revient souvent, et elle mérite une réponse précise plutôt qu'un oui ou un non. Les indices comédogènes que l'on trouve en ligne concernent les huiles, pas les savons. Or l'huile d'olive saponifiée n'est plus une huile : elle a réagi, elle est rincée, et elle ne séjourne pas sur la peau.
Un savon se rince, et ce qui se rince a peu d'occasions d'obstruer quoi que ce soit. Le vrai sujet sur une peau à imperfections n'est pas l'olive, c'est le décapage : un savon trop riche en coco laisse la peau tiraillée, et une peau qui tiraille produit davantage de sébum en réaction.
Qu'est-ce qu'un savon surgras, et pourquoi ça compte
Un savon saponifié est naturellement alcalin, autour de pH 9, alors que la peau tourne autour de 5. C'est un fait, et aucun savon solide véritable n'y échappe. Ce qui distingue un bon savon d'un savon agressif, c'est le surgraissage : on laisse volontairement une part de corps gras non transformés, qui restent sur la peau après rinçage et compensent cet écart.
C'est le sens du mot « surgras » sur nos pains. Si vous avez la peau qui tiraille après la douche, c'est le premier critère à regarder, avant la liste des huiles.
Faut-il se laver tous les jours au savon ?
Le corps entier, pas nécessairement. Les zones qui le demandent, oui, le reste tolère très bien l'eau claire. Un lavage complet au savon deux fois par jour retire le film protecteur plus vite qu'il ne se reconstitue, et c'est souvent lui la cause des démangeaisons qu'on attribue au produit.
Sur le visage, un nettoyage le soir suffit à la plupart des peaux. Le matin, l'eau fait le travail.
Comment lire n'importe quelle liste INCI en dix secondes
- Regardez les trois premiers : ils font l'essentiel de la formule. Le reste est minoritaire.
- Un nom latin n'est pas un signal d'alarme : c'est la nomenclature botanique, obligatoire pour les végétaux.
- Un suffixe en « -ate » sur un savon indique une huile saponifiée, pas un additif de synthèse.
Nous appliquons le même principe à nos autres formules, et nous avons détaillé le cas d'un conservateur très discuté dans notre article sur le phénoxyéthanol.
Questions fréquentes
Le sodium olivate, c'est quoi exactement ?
De l'huile d'olive saponifiée, c'est-à-dire transformée en savon par réaction avec une base. La réglementation impose de nommer l'ingrédient tel qu'il existe dans le produit fini, d'où ce nom plutôt que « huile d'olive ».
Quelle différence entre sodium olivate et sodium cocoate ?
L'origine de l'huile. L'olivate vient de l'olive et apporte la douceur avec une mousse fine, le cocoate vient de la coco et apporte la mousse abondante et la dureté du pain. La plupart des savons associent les deux.
Le sodium olivate contient-il de l'huile de palme ?
Non. L'huile de palme saponifiée porte un autre nom, sodium palmate. Si elle n'apparaît pas dans la liste, elle n'est pas dans le savon.
Le sodium olivate est-il comédogène ?
Les indices comédogènes portent sur les huiles, pas sur les savons rincés. L'huile d'olive saponifiée n'est plus une huile et ne reste pas sur la peau. Le facteur qui compte davantage est le décapage, donc le surgraissage du savon.
Un savon à l'huile d'olive convient-il aux peaux sensibles ?
C'est l'une des bases les plus douces, surtout dans un savon surgras qui laisse une part de corps gras après rinçage. En cas de peau réactive, testez sur une petite zone, et adressez-vous à un professionnel de santé si l'inconfort persiste.
Pourquoi un savon a-t-il un pH plus élevé que la peau ?
Parce que la saponification produit un milieu alcalin, autour de pH 9 contre 5 pour la peau. Aucun savon solide véritable n'y échappe. Le surgraissage sert précisément à compenser cet écart.
Des conseils de barbier honnêtes, sans poudre aux yeux. Ce que la science ne prouve pas, on vous le dit aussi.
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