Homme se rasant la joue au rasoir de sûreté en métal, la peau tendue du bout des doigts, mousse de rasage sur la barbe
Materiel décodé

Rasoir de sûreté : pourquoi y passer, et comment bien s'en servir

Ce que change vraiment un rasoir de sûreté, la différence avec un coupe-chou, comment choisir sa lame et la changer au bon moment, et la technique des trente degrés.

L'essentiel en 20 secondes

  • Une lame unique coûte quelques centimes, la cartouche coûte des euros
  • L'angle se règle à environ trente degrés, et la main ne pousse jamais
  • Comptez trois séances pour trouver le geste, pas trois minutes

Le rasoir de sûreté revient dans les salles de bain, et pas seulement par nostalgie. Il rase en un passage là où une cartouche en demande trois, il coûte quelques euros de lames par an, et il dure toute une vie. Il demande en échange une chose que le rasage jetable avait supprimée : un geste. Voici ce qu'il faut savoir avant d'y passer, et ce qu'il faut faire les premiers matins.

Pourquoi passer au rasoir de sûreté

Trois raisons, dans l'ordre où on les découvre.

Le coût. C'est l'argument qui décide, et il n'est pas mince. Une lame double tranchant se compte en centimes, une cartouche multilame en euros. Sur une année de rasage régulier, l'écart se chiffre en dizaines d'euros, et le manche, lui, ne se rachète jamais.

La peau. Une cartouche à cinq lames tire le poil avant de le couper, puis repasse quatre fois au même endroit. Une lame unique coupe une fois, franchement. Sur une peau qui rougit ou qui fait des poils incarnés, ce détail change tout, et c'est contre-intuitif : le rasoir qui paraît le plus intimidant est souvent le plus doux. Nous avons détaillé le mécanisme dans notre article sur les poils incarnés.

L'objet. Celui-là ne se démontre pas, il se constate. Un rasoir en métal usiné se pose sur un lavabo sans qu'on ait envie de le cacher, et il se transmet.

Quelle différence avec un coupe-chou ?

On les confond souvent, ce sont deux objets très différents.

Le coupe-chou est une lame nue, montée sur un manche pivotant. Elle ne se remplace pas, elle s'affûte sur cuir, et c'est un savoir-faire. L'angle est libre, donc entièrement à la charge de la main. C'est le rasage le plus précis qui soit, et le plus long à apprendre.

Le rasoir de sûreté enferme une lame jetable derrière une barre de protection qui limite l'exposition du fil. D'où son nom : la sûreté, c'est cette barre. L'angle reste à trouver, mais la profondeur de coupe est bornée par la mécanique. Rien à affûter, rien à entretenir, une lame neuve tous les cinq à dix rasages.

Pour qui vient de la cartouche, le rasoir de sûreté est la marche intermédiaire. Le coupe-chou est un projet, pas un achat.

Comment choisir son rasoir de sûreté

Les comparatifs classent par marque, ce qui n'aide personne. Quatre critères suffisent, et ils se lisent sur n'importe quel modèle.

L'exposition de la lame

C'est le critère décisif, et le moins mis en avant. Plus la lame dépasse de la tête, plus le rasoir est mordant et plus il pardonne mal une erreur d'angle. Un rasoir à faible exposition, dit doux, convient à un débutant et aux peaux sensibles. Un rasoir agressif rase plus vite une barbe dure, au prix d'une marge d'erreur réduite.

La précision d'usinage

Une lame qui a du jeu dans sa tête vibre, et une lame qui vibre coupe mal. C'est la raison pour laquelle deux rasoirs identiques à l'œil ne rasent pas pareil. Le Henson AL13 que nous distribuons est usiné à quelques microns près, dans un atelier aéronautique canadien ; c'est ce qui explique sa réputation de douceur, bien plus que son dessin.

Le poids et la longueur du manche

Le poids fait le travail à la place de la main, c'est le principe même du rasage de sûreté. Un rasoir léger oblige à appuyer, donc à irriter. Quant au manche, une grande main ou un rasage du crâne réclament de la longueur, là où un manche court suffit au visage.

Le standard des lames

Tous les rasoirs de sûreté acceptent les mêmes lames double tranchant, c'est un standard mondial. Vous n'êtes donc jamais prisonnier d'une marque, contrairement aux cartouches où le manche vous engage pour des années. C'est la vraie liberté de ce système, et elle mérite d'être connue avant l'achat.

Quelle lame choisir, et quand la changer

La lame compte autant que le rasoir, pour un centième du prix. Les marques diffèrent par leur mordant : certaines coupent net et pardonnent peu, d'autres glissent davantage. L'usage veut qu'on en essaie deux ou trois avant d'arrêter la sienne, et une boîte de cent tient largement plus d'un an.

Le bon moment pour changer n'est pas une date, c'est une sensation : le jour où la lame tire au lieu de couper, où il faut repasser deux fois. Comptez cinq à dix rasages selon la densité du poil. Une lame fatiguée irrite bien plus qu'une lame neuve, et c'est souvent elle, la cause des rougeurs que l'on attribue au rasoir. Nous avons chiffré tout cela dans notre guide sur quand changer sa lame.

Comment se raser correctement avec un rasoir de sûreté

Le geste tient en quatre points. Ils paraissent anodins, ce sont eux qui font la différence entre un rasage confortable et une joue rouge.

Préparez la peau

De l'eau chaude, une crème ou un savon de rasage monté au blaireau, et le poil se redresse et s'assouplit. Sauter cette étape avec un rasoir de sûreté ne pardonne pas, alors qu'une cartouche masque un peu la négligence.

Trouvez l'angle

C'est tout le sujet. Posez la tête du rasoir à plat contre la joue, puis basculez lentement jusqu'à sentir la lame mordre : vous êtes à environ trente degrés. Trop à plat, le rasoir glisse sans couper. Trop redressé, il racle. Ce repère se prend en deux ou trois séances, et ensuite la main le retrouve seule.

Ne poussez jamais

Le poids du rasoir suffit. La main guide, elle n'appuie pas. C'est le réflexe le plus difficile à perdre quand on vient de la cartouche, où l'on a appris à presser.

Procédez par petits passages

Des trajets courts, dans le sens du poil au premier tour. Si le résultat ne vous suffit pas, remoussez et refaites un passage en travers, jamais à sec et jamais à rebrousse-poil d'emblée. Rincez la tête souvent, une tête chargée de mousse coupe mal.

Les inconvénients, puisqu'il y en a

Le rasage est plus lent, cinq à sept minutes contre deux. L'apprentissage prend quelques séances, avec parfois une petite coupure au début, que la pierre d'alun referme en quelques secondes. Et le rasoir se démonte pour changer la lame, ce qui suppose de manipuler un objet coupant, à garder hors de portée des enfants. Enfin, les lames usagées se jettent dans un récupérateur, pas à la poubelle.

Aucun de ces points n'est rédhibitoire, mais les taire serait malhonnête : si vous cherchez à gagner du temps le matin, ce n'est pas le bon achat.

Par quoi commencer

Un rasoir, une boîte de lames, une crème ou un savon, et de quoi apaiser après. Le support n'est pas indispensable mais il fait sécher le rasoir droit, ce qui prolonge la vie de la lame. Si vous préférez tout prendre d'un coup, nous avons réuni l'ensemble dans The Henson Experience, et une version plus courte dans The Henson Barbier Box. Notre guide quel coffret choisir compare les ensembles par usage et par budget.

Questions fréquentes

Un rasoir de sûreté irrite-t-il moins qu'une cartouche ?

Chez beaucoup de peaux sensibles, oui, parce qu'une lame unique coupe en un passage au lieu de quatre. À condition de respecter l'angle et de ne pas appuyer : mal utilisé, il irrite davantage.

Convient-il à un débutant ?

Oui, en choisissant un modèle à faible exposition de lame. Prévoyez deux ou trois séances pour trouver le geste, et commencez par les joues avant d'attaquer le cou, plus délicat.

Quel angle faut-il tenir ?

Environ trente degrés. La méthode fiable consiste à poser la tête à plat contre la peau puis à basculer lentement jusqu'à sentir la lame accrocher.

Combien de rasages tient une lame ?

Cinq à dix selon la densité du poil et la surface rasée. Le signal n'est pas visuel : changez-la dès qu'elle tire au lieu de couper.

Les lames sont-elles compatibles entre marques ?

Oui, toutes les lames double tranchant suivent le même standard. C'est la différence majeure avec les cartouches, où chaque marque impose son système d'accroche.

Peut-on l'utiliser pour le crâne ou le corps ?

Pour le crâne oui, avec un manche assez long et beaucoup de prudence sur les reliefs. Sur le corps, la peau est plus mobile et les zones moins planes : la cartouche reste plus tolérante.

MB
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